Frise chronologique
1725
Incendie de la place Saint-Georges
Incendie de la place Saint-Georges
1725 (≈ 1725)
Détruit la partie orientale de la place.
1745
Début de la construction
Début de la construction
1745 (≈ 1745)
Remplace les bâtiments incendiés en 1725.
1747-1750
Acquisition des parcelles
Acquisition des parcelles
1747-1750 (≈ 1749)
Neuf parcelles achetées pour étendre l’hôtel.
1753
Inscription sur l’escalier
Inscription sur l’escalier
1753 (≈ 1753)
Gravure « ERRE BERNAD DIT PARROUQUIA » datée.
13 mars 1978
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
13 mars 1978 (≈ 1978)
Protection des façades, toitures et éléments intérieurs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues et sur cour ainsi que l'escalier intérieur avec sa rampe en fer forgé et le grand salon du premier étage avec son décor (cad. AB 125) : inscription par arrêté du 13 mars 1978
Personnages clés
| Henri-Joseph de Lafage - Commanditaire |
Descendant d’une noble famille capitulaire toulousaine. |
| Maduran - Architecte |
Auteur des plans définitifs de l’hôtel. |
| Bernard dit Parrouquié - Traceur de pierre |
Grava son nom sur l’escalier en 1753. |
| Guillaume Cammas - Peintre de la ville |
Participe aux plans initiaux avec Lebrun. |
| Les capitouls - Magistrats toulousains |
Initiateurs du programme urbanistique de la place. |
Origine et histoire
L’hôtel de la Fage, situé place Saint-Georges à Toulouse, fut construit en 1745 pour remplacer des bâtiments détruits par un incendie en 1725. Ce projet s’inscrivait dans un vaste programme urbanistique visant à embellir la place, l’une des plus importantes de la ville sous l’Ancien Régime. Les capitouls (magistrats toulousains) proposèrent un partenariat public-privé pour financer sa reconstruction, confiant les plans à l’architecte Maduran. L’édifice, de style Louis XV, se distingue par sa façade monumentale de treize travées, son avant-corps central surmonté d’un fronton triangulaire, et ses arcades en plein-cintre au rez-de-chaussée.
La cour d’honneur ovale, innovation architecturale rare, communiquait à l’origine avec un jardin rectangulaire aujourd’hui transformé en seconde cour. Les façades intérieures reprennent les éléments décoratifs extérieurs (pilastres bossagés, cordons de brique, corniche moulurée), créant une harmonie visuelle. À l’intérieur, la cage d’escalier conserve une rampe en fer forgé de style Louis XV, tandis qu’un salon du premier étage arbore un plafond peint d’époque Charles X. Bien que le décor intérieur du XVIIIe siècle ait disparu, l’hôtel illustre la tradition des hôtels particuliers toulousains, mêlant classicisme et originalité.
Commandité par Henri-Joseph de Lafage, issu d’une noble famille capitulaire, l’hôtel fut bâti entre 1747 et 1750 sur neuf parcelles acquises progressivement. L’escalier d’honneur porte l’inscription « ERRE BERNAD DIT PARROUQUIA 1753 », attribuée à Bernard dit Parrouquié, traceur de pierre impliqué dans sa construction. La place Saint-Georges, autrefois lieu de marchés et d’exécutions, bénéficia de ce projet pour retrouver son prestige. L’hôtel, classé Monument Historique en 1978, protège ses façades, toitures, l’escalier et son salon peint.
L’architecture de l’hôtel de la Fage reflète les ambitions urbanistiques des capitouls, souhaitant uniformiser les façades et régulariser l’espace public. Guillaume Cammas, peintre de la ville, et l’architecte Lebrun participèrent aux plans initiaux, bien que Maduran en ait assuré la réalisation finale. La maçonnerie alternant brique et pierre, typique de Toulouse, et la symétrie illusoire créée par le mur-écran en fond de cour renforcent son caractère majestueux, presque public, malgré sa vocation privée.